Qu’est-ce que le REER?
Le REER (régime enregistré d’épargne-retraite; RRSP en anglais) est, selon l’ARC, un régime d’épargne-retraite que vous établissez et que l’ARC enregistre. Vous ou votre époux ou conjoint de fait pouvez y cotiser.[1] Les cotisations déductibles peuvent réduire votre impôt sur le revenu, et ce que rapportent les placements du régime est généralement exonéré d’impôt tant que l’argent y demeure.[1]
- Vous cotisez et vous déduisez : ce que vous déposez peut être soustrait de votre revenu, jusqu’à votre maximum déductible.[3]
- Il croît à l’abri de l’impôt, à terme : les gains ne sont pas imposés tant que l’argent reste dans le régime.[1]
- Vous payez l’impôt à la réception : vous êtes généralement imposé quand vous retirez de l’argent ou recevez des paiements du régime.[1]
Qui peut l’ouvrir, et jusqu’à quand?
Un REER se souscrit auprès d’une institution financière (banque, caisse de crédit, société de fiducie ou compagnie d’assurance), et les cotisations sont versées directement à l’émetteur du régime.[2] Ce que dit l’ARC :
- Il n’y a pas d’âge minimum pour commencer à cotiser, mais l’institution peut fixer son propre âge minimum pour ouvrir un compte.[3]
- Âge maximal pour cotiser : jusqu’au 31 décembre de l’année de vos 71 ans. Pour le REER de votre époux ou conjoint de fait, jusqu’au 31 décembre de l’année où cette personne atteint 71 ans.[4][9]
- Pour déduire, il vous faut des droits de déduction disponibles : ce que vous pouvez déduire est limité à votre maximum déductible au titre des REER de l’année, que l’ARC calcule à partir de votre revenu gagné.[3]
- Choisissez où le souscrireVotre institution financière vous explique les types de REER et les placements qu’ils peuvent détenir.[2]
- Choisissez le typeCe peut être un REER ordinaire, un REER autogéré (vous prenez les décisions de placement et l’émetteur s’occupe de l’administration)[11] ou un REER au nom de votre époux ou conjoint de fait (REER de conjoint).[2]
- Décidez de ce qu’il contientCe choix détermine votre rendement et votre risque. Cotisez directement à l’émetteur du régime.[2]
Combien puis-je cotiser?
Ce que vous pouvez déduire chaque année, c’est votre maximum déductible au titre des REER : le montant maximal que vous pouvez déduire pour vos cotisations à votre REER (et à celui de votre époux ou conjoint de fait). Il repose en partie sur votre revenu gagné de l’année précédente.[7]
Pour 2026, il se calcule à partir de votre revenu gagné de 2025 : 18 % de ce revenu, ou le plafond en dollars de l’année s’il est inférieur.[6]
| Année | Plafond en dollars du REER |
|---|---|
| 2025 | 32 490 $ |
| 2026 | 33 810 $ |
| 2027 | 35 390 $ |
Votre maximum de l’année se construit ainsi :[6]
- le moindre de 18 % du revenu gagné de l’année précédente et du plafond en dollars de l’année
- − votre facteur d’équivalence (FE), si vous avez un régime de pension au travail (case 52 de votre T4)
- + les droits de déduction inutilisés des années précédentes
Où voir votre maximum ? Sur votre dernier avis de cotisation ou de nouvelle cotisation, dans votre compte de l’ARC, par téléphone ou sur le formulaire T1028 si l’ARC vous l’envoie. Les cotisations ultérieures peuvent modifier ce chiffre : confirmez-le avant de cotiser.[8]
Date limite. Les cotisations versées durant les 60 premiers jours de l’année suivante peuvent compter pour l’année précédente.[3] Par exemple, pour la déclaration de 2025, la date limite était le 2 mars 2026.[9] Les cotisations se déduisent à la ligne 20800 de votre déclaration.[10]
Que puis-je y détenir?
Les placements admissibles sont, en général, des biens autres que des biens immeubles :[11]
- Liquidités et comptes d’épargne
- CPG (dépôts à terme)
- Obligations d’épargne du Canada et des provinces
- Fonds communs de placement
- La plupart des titres cotés à une bourse désignée
Dans un REER autogéré, vous décidez quoi acheter et vendre, et l’émetteur s’occupe de l’administration ; les titres ne peuvent pas être détenus à votre nom.[11]
Avantages
- Déduction : les cotisations déductibles peuvent réduire votre impôt sur le revenu.[1] Elles se déclarent à la ligne 20800.[10]
- Croissance à l’abri de l’impôt, à terme : le revenu gagné dans le régime est généralement exonéré d’impôt tant qu’il y demeure.[1]
- Les droits s’accumulent : ce que vous n’utilisez pas aujourd’hui reste disponible demain.[6]
- REER de conjoint : il peut aider à répartir plus également le revenu de retraite entre vous deux.[2]
- Régime d’accession à la propriété (RAP) : permet de retirer de votre REER pour acheter ou construire une habitation admissible ; la limite actuelle est de 60 000 $.[18]
- Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REEP) : permet d’utiliser des fonds du REER pour votre formation ou vos études, ou celles de votre époux ou conjoint de fait.[19]
Le RAP et le REEP ont leurs propres règles d’admissibilité et de remboursement : le RAP se rembourse au régime sur une période de 15 ans et le REEP, généralement, sur 10 ans. Ce que vous ne remboursez pas à temps s’ajoute à votre revenu.[18][19][3] Ces retraits particuliers ne sont pas inclus dans le revenu et aucun impôt n’est retenu si vous remplissez les conditions.[17]
Limites et erreurs fréquentes
| Limite | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Vous payez de l’impôt au retrait | Ce que vous retirez est généralement imposable. Vous le déclarez à la ligne 12900 de l’année du retrait, à l’aide du feuillet T4RSP que délivre votre institution.[13][14] |
| La retenue n’est pas l’impôt final | Au retrait, l’institution retient 10 % jusqu’à 5 000 $, 20 % de 5 001 $ à 15 000 $ et 30 % au-delà de 15 000 $ (au Québec : 5 %, 10 % et 15 %, plus l’impôt provincial). Si vous retirez 10 000 $ hors Québec, 2 000 $ sont retenus. L’ARC prévient que la retenue peut ne pas suffire pour votre tranche d’imposition ; la différence se règle à la production de la déclaration.[15] |
| Cotiser en trop | Une marge de 2 000 $ au-delà de votre maximum est permise (seulement à 18 ans ou plus). Ce qui dépasse cette marge est imposé à 1 % par mois. Si vos droits sont de 5 000 $ et que vous cotisez 8 500 $, l’excédent est de 3 500 $ ; après la marge, il reste 1 500 $ et l’impôt est de 15 $ par mois. Retirer l’excédent avant la fin du mois où il a été versé peut éviter l’impôt sur ce montant.[12] |
| Déduire plus que votre maximum | Ce que vous pouvez déduire sur votre déclaration est limité à votre maximum déductible de l’année.[3] |
| Cotiser après 71 ans | La dernière année pour cotiser à votre propre REER est l’année de vos 71 ans.[4] |
| Conversion en FERR | Si vous transférez votre REER à un FERR, vous devez retirer un montant minimal chaque année à compter de l’année suivante, et ces paiements sont imposables à la réception.[20] |
| REER de conjoint et retraits | Si vous avez cotisé au REER de votre époux ou conjoint de fait durant l’année du retrait ou l’une des deux années précédentes, vous devrez vraisemblablement inclure dans votre revenu ce que cette personne retire.[16] |
Retraits, transferts, conjoint et décès
Retraits. Sauf pour les régimes immobilisés, vous pouvez retirer en tout temps, mais vous êtes généralement imposé à ce moment.[13] Votre émetteur peut retenir de l’impôt et vous remet un feuillet T4RSP ; l’impôt retenu se réclame à la ligne 43700 de votre déclaration.[20][14]
Transferts. Déplacer des fonds directement d’un REER à un autre est un transfert, et non un retrait.[13] Les montants transférés directement à votre REER n’affectent généralement pas votre maximum déductible.[21] Si vous changez d’institution, demandez donc un transfert direct plutôt que de retirer puis de redéposer.
Époux ou conjoint de fait. Un régime au nom de votre conjoint suit une règle d’attribution : si vous avez cotisé cette année-là ou durant les deux années précédant son retrait, le revenu peut vous être attribué.[16]
Décès. Pour un REER non échu, la juste valeur marchande au moment du décès est incluse dans le revenu du rentier pour l’année du décès. Si la totalité du régime est versée à l’époux ou au conjoint de fait désigné et transférée directement à son REER, ce montant est déductible, pourvu que le transfert soit terminé au plus tard à la fin de l’année suivant celle du décès. Le montant déclaré peut aussi être réduit lorsqu’un enfant ou un petit-enfant financièrement à charge le reçoit.[22]
REER et CELI, en bref
Ce sont deux comptes enregistrés, et ils ne s’excluent pas. Ce tableau compare seulement leurs règles ; ce n’est pas une recommandation pour votre cas :
| REER | CELI | |
|---|---|---|
| Cotisations | Déductibles de votre revenu jusqu’à votre maximum.[1] | Non déductibles.[23] |
| Croissance | Exonérée d’impôt tant qu’elle reste dans le régime.[1] | Libre d’impôt.[23] |
| Retraits | Généralement imposables.[13] | Libres d’impôt.[23] |
| Plafond 2026 | 18 % du revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à 33 810 $.[6][5] | 7 000 $ pour tous.[24] |
| Droits inutilisés | S’accumulent.[6] | S’accumulent.[24] |
Trois exemples
L’essentiel en 5 idées
- Le REER est un compte enregistré pour la retraite : vous cotisez, vous déduisez, et il croît à l’abri de l’impôt, à terme.
- Vous pouvez cotiser jusqu’au 31 décembre de l’année de vos 71 ans.
- Vos nouveaux droits sont 18 % du revenu gagné de l’an dernier, jusqu’à 33 810 $ en 2026 ; les droits inutilisés s’accumulent.
- Ce que vous retirez est imposable, et la retenue n’est pas l’impôt final. Cotiser en trop coûte 1 % par mois sur l’excédent au-delà de la marge de 2 000 $.
- Pour changer d’institution, utilisez un transfert direct, pas un retrait.
Mettez-vous à l’épreuve
Huit questions rapides. Choisissez une réponse et vous verrez l’explication.
1. Quel est le plafond en dollars du REER pour 2026?
L’ARC indique 33 810 $ pour 2026. 32 490 $ était le plafond de 2025 et 35 390 $ est celui de 2027.
2. Votre revenu gagné de 2025 était de 50 000 $ et vous n’avez pas de régime de pension. Combien de nouveaux droits avez-vous en 2026?
18 % de 50 000 $ font 9 000 $, soit moins que le plafond de 33 810 $.
3. Jusqu’à quand pouvez-vous cotiser à votre propre REER?
L’année de vos 71 ans est la dernière où vous pouvez cotiser à votre propre REER.
4. Vous cotisez en février. Cette cotisation peut-elle compter pour l’année précédente?
Les cotisations versées durant les 60 premiers jours de l’année suivante peuvent compter pour l’année précédente. Pour la déclaration de 2025, la date limite était le 2 mars 2026.
5. Vos droits sont de 5 000 $ et vous cotisez 8 500 $. Avec la marge de 2 000 $, combien d’impôt payez-vous par mois?
L’excédent est de 3 500 $ ; après la marge, il reste 1 500 $, et 1 % font 15 $ par mois. Le retirer à temps évite l’impôt.
6. Vous retirez 10 000 $ de votre REER hors Québec. Combien l’institution retient-elle?
Entre 5 001 $ et 15 000 $, la retenue est de 20 % : 2 000 $. C’est une retenue, pas l’impôt final.
7. Quel compte permet de déduire les cotisations de votre revenu?
Les cotisations déductibles au REER peuvent réduire votre impôt ; celles du CELI ne sont pas déductibles.
8. Le titulaire d’un REER non échu décède, sans époux ni enfants à charge. Que se passe-t-il sur le plan fiscal?
La juste valeur marchande est incluse dans le revenu du rentier pour l’année du décès, sauf certains transferts à un époux ou à des enfants à charge.