Qu’est-ce que le CELI?
Le CELI (compte d’épargne libre d’impôt; TFSA en anglais) est, selon l’ARC, un compte d’épargne enregistré qui fonctionne comme un compte de placement.[1] Les intérêts, dividendes et gains en capital qu’il génère sont généralement libres d’impôt, et vous pouvez retirer votre argent quand vous le voulez sans payer d’impôt.[1]
- Il croît à l’abri de l’impôt : ce que rapportent vos placements n’est pas déclaré.
- Vous retirez quand vous voulez : sans impôt et pour n’importe quelle raison.
- Vous cotisez avec de l’argent déjà imposé : contrairement au REER, ce que vous déposez n’est pas déduit de votre revenu.[1]
Qui peut l’ouvrir, et comment?
Pour ouvrir un CELI, vous devez remplir trois conditions :[2]
- Être résident du Canada aux fins de l’impôt.
- Avoir 18 ans ou plus. Dans certaines provinces et certains territoires (Colombie-Britannique, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut et Yukon), l’âge de la majorité est de 19 ans : vous ouvrez le compte à 19 ans et conservez les droits de l’année de vos 18 ans.
- Avoir un numéro d’assurance sociale (NAS) valide.
- Choisissez où l’ouvrirLes banques, compagnies d’assurance, caisses de crédit et sociétés de fiducie offrent des CELI, avec différentes options d’épargne et de placement.[2]
- Fournissez vos renseignementsVotre NAS, votre date de naissance et les documents demandés par l’institution.[2]
- Décidez de ce qu’il contientUn CELI peut être un compte de liquidités ou contenir des placements. Ce choix détermine votre rendement et votre risque.
Combien puis-je cotiser?
Chaque personne reçoit le même plafond annuel. Il est fixé chaque 1er janvier, indexé à l’inflation et arrondi aux 500 $ les plus proches.[3] Les droits inutilisés s’accumulent et n’expirent jamais.
| Années | Plafond annuel |
|---|---|
| 2009 à 2012 | 5 000 $ |
| 2013 et 2014 | 5 500 $ |
| 2015 | 10 000 $ |
| 2016 à 2018 | 5 500 $ |
| 2019 à 2022 | 6 000 $ |
| 2023 | 6 500 $ |
| 2024, 2025 et 2026 | 7 000 $ |
Vos droits disponibles se calculent ainsi :[4]
- le plafond de l’année
- + les droits inutilisés des années précédentes
- + ce que vous avez retiré l’an dernier
- − ce que vous avez déjà cotisé cette année
Si vous avez plus d’un CELI, il n’y a qu’un seul total de droits pour tous.[3] L’ARC met à jour l’information de votre compte une seule fois par année, au printemps; tenez donc vos propres registres et confirmez auprès de votre institution avant de cotiser.[4]
Que puis-je y détenir?
Les placements permis sont généralement les mêmes que dans un REER :[3]
- Liquidités et comptes d’épargne
- CPG (dépôts à terme) et obligations
- Fonds communs de placement
- Actions et autres titres cotés à une bourse désignée
- Actions de certaines petites sociétés
Avantages
- Croissance libre d’impôt : intérêts, dividendes et gains en capital.[1]
- Retraits libres d’impôt et sans condition : pour une urgence, une maison, un voyage ou la retraite.[1]
- Aucun effet sur vos prestations gouvernementales : les revenus et retraits ne changent pas votre admissibilité à la Sécurité de la vieillesse (PSV), au supplément fédéral pour les aînés à faible revenu (SRG), à l’assurance-emploi, à l’Allocation canadienne pour enfants, à l’Allocation canadienne pour les travailleurs ni au crédit pour la TPS.[1]
- Les droits s’accumulent : ce que vous n’utilisez pas aujourd’hui reste disponible demain.[3]
- Continuité au décès : vous pouvez désigner un titulaire remplaçant pour que le compte continue à l’abri de l’impôt (le Québec utilise plutôt un bénéficiaire).[9]
Limites et erreurs fréquentes
| Limite | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Non déductible | Ce que vous cotisez ne réduit pas votre revenu imposable. L’avantage tient à la croissance et aux retraits.[1] |
| Cotiser en trop | L’excédent est imposé à 1 % par mois tant qu’il reste dans le compte. La solution : retirer l’excédent le plus tôt possible et le déclarer.[6] |
| Retirer et redéposer la même année | Ce que vous retirez ne revient dans vos droits que le 1er janvier de l’année suivante. Si vous le redéposez avant et n’avez pas de droits, c’est un excédent.[5] |
| Changer d’institution en retirant | Retirer puis déposer ailleurs compte comme une nouvelle cotisation. Utilisez un transfert direct.[8] |
| Cesser d’être résident | Les cotisations versées comme non-résident sont imposées à 1 % par mois. Vous pouvez retirer sans impôt, mais pas cotiser.[3] |
| Placements non permis | Impôt de 50 %, et de 100 % sur les avantages (voir plus haut).[7] |
| Programmes fondés sur les avoirs | Certains programmes provinciaux tiennent compte de vos avoirs. Par exemple, l’Allocation-logement du Québec compte le solde de votre CELI.[10] |
Retraits, transferts et décès
Retraits. Vous les demandez à l’institution qui a émis votre CELI, et vous pouvez généralement le faire en tout temps durant l’année. L’institution déclare les retraits à l’ARC avant la fin de février de l’année suivante.[5]
Transferts. Pour déplacer votre CELI vers une autre institution, demandez à la nouvelle d’effectuer un transfert direct : il n’affecte pas vos droits ni ne crée d’impôt, et peut être en nature, en espèces ou partiel. Si vous retirez plutôt 50 000 $ et les déposez vous-même dans une autre banque la même année, l’ARC y voit un excédent de 50 000 $ : 500 $ par mois.[8]
Séparation ou divorce. Avec une ordonnance d’un tribunal ou une entente de séparation écrite, et si vous vivez séparément, l’argent peut passer du CELI d’un conjoint à celui de l’autre par transfert direct, sans affecter les droits de l’un ou de l’autre.[8]
Décès. Si vous avez désigné un titulaire remplaçant, le compte se poursuit à son nom; sa valeur au décès et ce qu’il génère ensuite ne sont pas imposés au remplaçant. Le Québec ne reconnaît pas le titulaire remplaçant et utilise le bénéficiaire désigné.[9]
Trois exemples
L’essentiel en 5 idées
- Le CELI est un compte enregistré : on y met des liquidités ou des placements.
- La croissance et les retraits sont libres d’impôt; les cotisations ne sont pas déductibles.
- Le plafond de 2026 est de 7 000 $ et les droits inutilisés s’accumulent.
- Cotiser en trop coûte 1 % par mois; ce que vous retirez revient le 1er janvier suivant.
- Changez d’institution par transfert direct, jamais en retirant.
Mettez-vous à l’épreuve
Huit questions rapides. Choisissez une réponse et vous verrez l’explication.
1. Quel est le plafond de cotisation annuel du CELI en 2026?
L’ARC indique que le plafond de 2026 est de 7 000 $, comme en 2024 et en 2025.
2. Vous retirez 3 000 $ de votre CELI en juin 2026. Quand récupérez-vous ces droits?
Ce que vous retirez s’ajoute de nouveau à vos droits le 1er janvier de l’année suivante.
3. Les cotisations au CELI sont-elles déductibles de vos impôts?
Contrairement au REER, les cotisations au CELI ne sont pas déductibles.
4. Vous cotisez 2 000 $ de trop et les laissez 3 mois. Combien d’impôt payez-vous?
L’excédent est imposé à 1 % par mois : 20 $ par mois pendant 3 mois font 60 $. Retirez-le le plus tôt possible.
5. Les retraits du CELI touchent-ils des prestations comme la PSV ou le SRG?
Selon l’ARC, ni les revenus ni les retraits du CELI n’affectent les prestations fédérales fondées sur le revenu.
6. Vous voulez déplacer votre CELI vers une autre institution. Quelle est la bonne façon?
Le transfert direct ne change pas vos droits ni ne crée d’impôt. Retirer puis déposer compte comme une nouvelle cotisation.
7. Si vous avez deux CELI dans des banques différentes, de combien de droits disposez-vous?
Les droits de cotisation forment un seul montant pour tous vos CELI.
8. Vous êtes arrivé au Canada en 2024, déjà adulte. Depuis quand vos droits s’accumulent-ils?
Les droits commencent à s’accumuler quand vous devenez résident, si vous avez 18 ans ou plus.